Manuel Alvess 07.02.-06.03.2020


Vernissage vendredi 7 Février à 18h00

MANUEL ALVESS

J'ai eu ma vie d'artiste

07.02. - 06.03.2020

Après ses études aux Beaux-Arts à Lisbonne, Manuel Alvess (qui a ajouté un "s" à son nom pour l'accorder à la prononciation française) s'est établi en France, à Paris, en 1963. Il avait déjà exposé deux fois au Portugal, en 1959 et en 1961, lors qu’il participe, à Paris, en 1963, au Salon des Surindépendants, ces artistes qui refusaient plus que d’autres les carcans et les écoles.

Manuel Alvess montre des tableaux dans des expositions à Amiens en 1965, à Ostende (Belgique) en 1968. Il y obtient le "Prix Europe peinture". Il est présenté au 17e Salon de la Jeune Peinture au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 1966. En 1969, il y revient et participe aussi à la Biennale de Paris. De 1971 à 1977, il se fait remarquer par des performances, au Salon de Mai, à la Biennale de Paris, à Paris, à Genève, à Lisbonne, à Porto…



« De 1971 à 1977, Alvess se fait remarquer par des performances qui restent à re-découvrir, au Salon de mai, à la Biennale de Paris, à Genève, à Lisbonne, à Porto…


Manuel Alvess fait partie de la lignée des artistes dont les concepts et les attitudes d’anti-art, tels que Marcel Duchamp, Isidore Isou, Guy Debord…, l’ont conduit à un parcours atypique.

En effet, Alvess fait un choix surprenant. Son activité artistique ne sera pas sa profession : il sera « un artiste sans galerie », hors du marché.


Pour vivre, tout en se servant de son langage graphique, il travaille dans une imprimerie ou dans une agence de publicité. Au fil des années, son œuvre devient confidentielle grâce à l’invisibilité méthodique qu’il met en place. Seuls ses amis artistes se rappellent à quel point Alvess fut un précurseur. Et pourtant, Alvess continue de créer, gardant ses œuvres consciencieusement emballées dans des housses de feutrine qu’il confectionne, dans son studio de la place de la Bastille.

Difficile d’imaginer une telle attitude pour un artiste du XXe siècle, qui nous interroge sur le statut de l'art dans la société et l'objectivité respective de l’artiste, soulevant immédiatement une série de questions.

Et si Alvess avait gardé tous ses travaux dans le but de conserver l’intégrité de son travail. Était-t-il le gardien du temple ? Avait-il déjà conscience qu’ils s’agiraient de pièces s’inscrivant dans l’histoire de l’art ?

Aujourd’hui, il en ressort une évidence quand on découvre pour la première fois cet ensemble de travaux : tout est là, l'œuvre d’une vie !

Finalement, ses œuvres n’auraient-t-elles pas été mises à l’abri, guettant l’inventeur de ce fabuleux trésor pour le légitimer ?


Six mois avant de mourir, Alvess connaîtra la consécration lors de sa grande rétrospective à la fondation Serralves de Porto. Le monde de l’art fut unanime quant à la qualité de son œuvre, qui a désormais trouvé sa place dans la création moderne et contemporaine. »



Extrait du texte de Julien Gonzalez-Alonso (directeur général des Editions et de la Galerie du Griffon), De l'ombre à la lumière (2019), écrit pour le catalogue de l’exposition J'ai eu ma vie d'artiste de la Galerie du Griffon