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Actuellement : Manuel Alvess "J'ai eu ma vie d'artiste" - du 07.02.2020 au 06.03.2020.

01/22/2020

 

Vernissage le vendredi 7 Février de 18h00 à 20h00.

 

 

 

De l’ombre à la lumière

Julien Gonzalez Alonso
Curateur de l'exposition - Directeur de la Maison des Éditions du Griffon

 

 

 

Bienvenue, dans le monde fascinant de Manuel Alvess, artiste portugais, né en 1939 dans la province de Viseu, mort en 2009 à Paris.

 

Comme la plupart des artistes de sa génération, le jeune Manuel Alvess se voit contraint de fuir la dictature et se réfugie à Paris en 1963, après ses études aux Beaux-Arts de Lisbonne. 

 

A son arrivée, il fréquente régulièrement l’atelier de la revue internationale KWY, fondée par les artistes portugais Lourdes Castro et René Bertholo (revue publiée jusqu’en 1964, qui se fonde sur la collaboration et invite nombre d’artistes et poètes d’avant-garde aux esthétiques diverses : Robert Filliou, Bernard Heidsieck, Ben Patterson, Pierre Restany, Daniel Spoerri, Vieira da Silva, Antonio Seguí, Emmett Williams…).

 

Rapidement, Alvess se dote d’une relative visibilité en participant aux grandes expositions parisiennes : Salon des surindépendants, Salon de la jeune peinture au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, Biennale de Paris au musée d'Art moderne de la Ville de Paris, et en Suisse dès 1974 lors de l’exposition « Tampons d'artistes » à l’ECART, à Genève.

 

Cette ascension fulgurante dans le monde de l’art n’est pas le fruit du hasard. Alvess se voit même consacré dès 1968 en obtenant le prix Europe de peinture de la ville d'Ostende.

 

De 1971 à 1977, Alvess se fait remarquer par des performances qui restent à re-découvrir, au Salon de mai, à la Biennale de Paris, à Genève, à Lisbonne, à Porto… 

 

Manuel Alvess fait partie de la lignée des artistes dont les concepts et les attitudes d’anti-art, tels que Marcel Duchamp, Isidore Isou, Guy Debord…, l’ont conduit à un parcours atypique.

En effet, Alvess fait un choix surprenant. Son activité artistique ne sera pas sa profession : il sera « un artiste sans galerie », hors du marché. 

 

Pour vivre, tout en se servant de son langage graphique, il travaille dans une imprimerie ou dans une agence de publicité. Au fil des années, son œuvre devient confidentielle grâce à l’invisibilité méthodique qu’il met en place. Seuls ses amis artistes se rappellent à quel point Alvess fut un précurseur. Et pourtant, Alvess continue de créer, gardant ses œuvres consciencieusement emballées dans des housses de feutrine qu’il confectionne, dans son studio de la place de la Bastille.  

Difficile d’imaginer une telle attitude pour un artiste du XXe siècle, qui nous interroge sur le statut de l'art dans la société et l'objectivité respective de l’artiste, soulevant immédiatement une série de questions.

Et si Alvess avait gardé tous ses travaux dans le but de conserver l’intégrité de son travail. Était-t-il le gardien du temple ? Avait-il déjà conscience qu’ils s’agiraient de pièces s’inscrivant dans l’histoire de l’art ? 

Aujourd’hui, il en ressort une évidence quand on découvre pour la première fois cet ensemble de travaux : tout est là, l'œuvre d’une vie ! 

Finalement, ses œuvres n’auraient-t-elles pas été mises à l’abri, guettant l’inventeur de ce fabuleux trésor pour le légitimer ?

 

Alvess n’a jamais cherché à produire, réalisant une ou deux œuvres par année.  Il s’est contenté de créer des représentations d'éléments de la réalité avec une précision horlogère. Chaque œuvre est unique au sens de sa création et pourtant toutes ont un sens commun : celui de l'ironie ou du sentiment d'absurdité. Serait-il le peintre minimal d’une mimêsis « phantastikê »  : un artiste du simulacre ?

 

Six mois avant de mourir, Alvess connaîtra la consécration lors de sa grande rétrospective à la fondation Serralves de Porto. Le monde de l’art fut unanime quant à la qualité de son œuvre, qui a désormais trouvé sa place dans la création moderne et contemporaine

 

 

 

 

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