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Manuel Alvess : J'ai eu ma vie d'artiste 07.02.2020 au 06.03.2020


Vernissage le vendredi 7 Février de 18h00 à 20h00.

De l’ombre à la lumière

Julien Gonzalez Alonso Curateur de l'exposition - Directeur de la Maison des Éditions du Griffon

De 1971 à 1977, Alvess se fait remarquer par des performances qui restent à re-découvrir, au Salon de mai, à la Biennale de Paris, à Genève, à Lisbonne, à Porto…

Manuel Alvess fait partie de la lignée des artistes dont les concepts et les attitudes d’anti-art, tels que Marcel Duchamp, Isidore Isou, Guy Debord…, l’ont conduit à un parcours atypique.

En effet, Alvess fait un choix surprenant. Son activité artistique ne sera pas sa profession : il sera « un artiste sans galerie », hors du marché.

Pour vivre, tout en se servant de son langage graphique, il travaille dans une imprimerie ou dans une agence de publicité. Au fil des années, son œuvre devient confidentielle grâce à l’invisibilité méthodique qu’il met en place. Seuls ses amis artistes se rappellent à quel point Alvess fut un précurseur. Et pourtant, Alvess continue de créer, gardant ses œuvres consciencieusement emballées dans des housses de feutrine qu’il confectionne, dans son studio de la place de la Bastille.

Difficile d’imaginer une telle attitude pour un artiste du XXe siècle, qui nous interroge sur le statut de l'art dans la société et l'objectivité respective de l’artiste, soulevant immédiatement une série de questions.

Et si Alvess avait gardé tous ses travaux dans le but de conserver l’intégrité de son travail. Était-t-il le gardien du temple ? Avait-il déjà conscience qu’ils s’agiraient de pièces s’inscrivant dans l’histoire de l’art ?

Aujourd’hui, il en ressort une évidence quand on découvre pour la première fois cet ensemble de travaux : tout est là, l'œuvre d’une vie !

Finalement, ses œuvres n’auraient-t-elles pas été mises à l’abri, guettant l’inventeur de ce fabuleux trésor pour le légitimer ?

Six mois avant de mourir, Alvess connaîtra la consécration lors de sa grande rétrospective à la fondation Serralves de Porto. Le monde de l’art fut unanime quant à la qualité de son œuvre, qui a désormais trouvé sa place dans la création moderne et contemporaine


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